15 Juin 2019
Il ne fait aucun doute (article BVAS du 18 avril) que les nouveaux usagers du transport en commun, seront plus nombreux à changer leur habitude et délaisser leur voiture, dans le cas d'une nouvelle ligne en tramway plutôt qu'en mode bus électrique avec ou sans perches. En effet le bus électrique, quelque soit sa technique, demeurera dans l'esprit de tous, malgré tout, un bus avec son inconvénient majeur, celui d'être beaucoup moins confortable que le tramway, or le confort des usagers est un facteur discriminant dans une politique de promotion du transport en commun.
L'engouement pour le transport en commun se fera si et seulement si ce dernier apporte un confort de transport capable de compenser la perte de confort en laissant sa voiture au garage, voire même offrir une qualité de déplacement supérieure à la voiture.
C'est dans ces termes que le bus électrique est une demie mesure qui ne correspond pas à une incitation suffisante pour les habitants véhiculés par voiture de prendre le transport en commun. En revanche le tram est plus performant sur tous les critères et en position de force face au bus électrique comme le prouve la fréquentation des lignes A et B en croissance continue depuis des années. Le tramway c'est la solution alternative aux aléas de la circulation et c'est l'offre de transport par excellence par sa qualité de confort et d'aménagement de ligne, par sa ponctualité et sa souplesse de déplacement.
Autre certitude, il n'est plus à douter que le développement du transport en commun par tram est l'avenir du déplacement urbain sous peine d'étouffer les villes sous le poids des voitures. Il suffit pour s'en convaincre d'imaginer ce que serait devenu le Cours de la République sans le tram. Il serait aujourd'hui noir de voitures et de pollution et la fluidité des déplacements en centre ville lourdement et globalement pénalisée.
De ces deux constats d'évidence nous devons en déduire sans hésitation que la zone blanche concernant Sanvic-Bléville, dépourvue de transport en commun électrique, devra en toute logique disposer dans un futur proche non seulement d'une ligne structurante (forte capacité et grand confort) mais qu'elle soit prévue, en réponse aux attentes de confort et exigences de réussite, en ligne tramway.
Deux hypothèses de lignes tramway se profilent.
La solution 1 est celle qui emprunterait le parcours du bus 4 puis, à partir de la sous bretonne, le parcours de la ligne 3
C'est une ligne qui présente un parcours confortable, c'est à dire à pente moyenne raisonnable (5% sur un linéaire de 1750m dans la partie en dénivelé passant par la rue Cochet ou en variante 7% sur un linéaire de 1300m en empruntant la rue Marical). Compte tenu de ce paramètre technique favorable, cette ligne pourrait se faire dans le prolongement d'une des deux lignes A ou B déjà existantes. Cela présenterait l'avantage certain de ne pas provoquer de rupture de charge au niveau de la plage c'est à dire n'obligeant pas l'usager à changer de tram au niveau du terminus actuel de la Plage. Les tronçons de chaussées étroites rencontrés dans ce parcours seront traités en voie de tram unique à double sens, la deuxième voie étant réservée aux voitures en sens unique. Les autres chaussées de taille moyenne comporteront deux voies bivalentes tram+voitures.
Questions annexes :
et les vélos .. Ce parcours pourrait être l'occasion de revoir le parcours vélos dans des chaussées repensées globalement aussi pour les deux roues et les piétons sur la rue Cochet notamment, étant donné que les pistes actuelles C. Marical et Cavée Verte - Boissière sont inadaptées et à repenser.
et le funiculaire bis .. Le débat en interne à l'association a porté sur l'hypothèse d'une ligne tram plage-Sanvic-plage offrant un service équivalent à un funiculaire bis. Les sanvicais sont évidemment favorables mais sont nuancés en attirant l'attention au sujet de l'éventualité d'un stationnement parasite généré par une tête de ligne située à Poincaré, à l'image de ce qui se passe sur le parking de la plage. Ils ne seraient pas opposés mais sous réserve de réaliser un parking souterrain de grande capacité 200 ou 300 places, ce qui au passage libérerait des espaces de convivialité en surface. Il faut retenir de cette remarque que si le Tram devait atteindre Sanvic par son centre, qu'il serait judicieux de le concevoir en ligne structurante avec son terminus situé à Garros et non place Poincaré, sauf si ce secteur offrait en préalable un parking souterrain.
et le bruit .. les nouvelles lignes devront bénéficier d'une attention toute particulière sur les infrastructures de façon à ne répercuter aucune nuisance de bruit sur les habitations riveraines. Le zéro nuisance est techniquement possible. Il faudra donc tirer les leçons des lignes A et B et penser les infrastructures dans une optique de haute performance sonore des tramways.
La solution 2 est celle qui emprunte le parcours du bus 3 depuis l'Hôtel de ville.
C'est une ligne qui présente un parcours à pente plus forte (8% en moyenne sur le parcours rues d'Ingouville et Lafaurie) à la limite probable des capacités des trams CITADIS (8.5%), et compte tenu du linéaire de pente (950m), ce qui suppose que le matériel roulant soit plus puissant (surmotorisation) et vraisemblablement moins chargé (rame plus courte) pour éviter le risque de perte d'adhérence des roues sur les rails dans certain cas de figure, notamment au freinage brusque en pleine descente.
Cette solution présente aussi l'inconvénient de desservir Sanvic non par son centre bourg mais de façon plus excentrée rue Salengro.
Lequel des deux trajets choisir pour desservir Sanvic-Bléville en tram ?
Dans les deux cas on retrouve une desserte identique de Bléville / Gd Hameau et Dollemard et le même terminus avec le nouveau parking relais Garros qui serait situé à proximité immédiate de la route d'Etretat donc susceptible de capter plus de monde en voiture sur cette route donc une diminution des trafics parasites dans la ville et Ste Adresse venant de la Route d'Etretat. Il y a déjà un parking relais près de la gare des trams au Gd Hameau mais il n'est pas connecté directement sur la Route d'Etretat. Il pourrait être envisagé de prolonger ces lignes jusqu'à Octeville avec déplacement du parking relais Garros à ce niveau, de la même façon qu'il est envisagé de raccorder Montivilliers par le futur réseau Tram (est).
Ce sont deux parcours qui ont en commun des sections de voiries moyennes voire parfois étroites, des sections en pente variant de 5 % à 8% et une gestion des trafics nécessitant un partage de voies entre les trafics tram et voitures. Ce sont donc des parcours plus contraignants que le cours de la République ou l'avenue Foch mais ce sont des pratiques déjà éprouvées par ailleurs dans d'autres ville de France et le retour d'expérience sur ces villes prouve que le tram dans un tissu urbain contraint est fonctionnel.
Pour départager les deux solutions, il serait utile que les services techniques de la Ville du Havre procèdent préalablement à des études sommaires et comparatives afin de lancer l'étude complète sur l'itinéraire le plus pertinent.